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Task Force en Haïti : un million de dollars par semaine, mais pour quels résultats ?

Escrito por el octubre 31, 2026

Alors que l’insécurité continue de paralyser Haïti, le coût du Task Force soulève des interrogations sur l’efficacité de la stratégie sécuritaire du gouvernement. Avec un contrat estimé à 52 millions de dollars par an, la question de la rentabilité de ce dispositif devient incontournable, dans un pays où les moyens financiers sont limités et les besoins de la population considérables.

La lutte contre les groupes armés en Haïti représente aujourd’hui l’un des défis majeurs de l’État. Malgré les annonces officielles et les initiatives destinées à renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité, une grande partie de la population continue de vivre sous la menace des violences. Dans ce contexte, la création du Task Force, sous l’impulsion du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, devait contribuer à inverser la tendance.

Cependant, le coût attribué à ce dispositif, estimé à un million de dollars par semaine, soulève une interrogation fondamentale : les ressources engagées produisent-elles des résultats à la hauteur des sommes dépensées ?

Selon les informations rapportées par le diplomate Pierre Antoine Louis sur Ficom TV, Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater, percevrait 52 millions de dollars par an pour ses services en Haïti. Ce montant considérable intervient dans un contexte où les institutions publiques peinent à répondre aux besoins essentiels de la population et où les forces de sécurité doivent faire face à des groupes armés lourdement équipés.

Au-delà de la dimension financière, c’est la question de la responsabilité publique qui se pose. Un dispositif mobilisant des ressources aussi importantes devrait pouvoir justifier ses dépenses par des objectifs clairement définis, des résultats mesurables et des mécanismes de contrôle transparents. Sans ces garanties, il devient difficile pour les citoyens d’évaluer la pertinence des choix opérés par leurs dirigeants.

Les méthodes opérationnelles du Task Force suscitent également des préoccupations. L’utilisation de drones FPV dans les opérations contre les groupes armés, notamment, soulève des questions sur la protection des civils et sur les mécanismes de responsabilité en cas de pertes humaines. Les informations faisant état de la mort de plusieurs citoyens, dont des enfants à Simon Pelé, rendent indispensable un examen rigoureux des circonstances de ces opérations.

Sur le terrain, les difficultés sécuritaires demeurent considérables. Les groupes armés continuent de menacer les axes routiers stratégiques et de compromettre la liberté de circulation. Pour les habitants, les commerçants et les travailleurs, l’insécurité reste une réalité quotidienne dont les conséquences dépassent largement le cadre militaire.

Cette situation impose au gouvernement de démontrer que les ressources consacrées au Task Force contribuent effectivement à améliorer la sécurité. Il ne suffit pas de multiplier les opérations ou de déployer des équipements sophistiqués : encore faut-il établir leur efficacité, mesurer leurs résultats et garantir que les interventions protègent les populations.

La question de la légalité du dispositif mérite, elle aussi, des éclaircissements. Les autorités devraient préciser son cadre juridique, les responsabilités de ses différents acteurs, les modalités de financement du contrat et les mécanismes de supervision applicables à ses opérations.

Au fond, le débat ne se limite pas au montant versé à un prestataire étranger. Il concerne la capacité de l’État haïtien à définir une politique de sécurité cohérente, à contrôler l’utilisation des fonds publics et à rendre des comptes aux citoyens.

Un million de dollars par semaine représente un engagement financier majeur. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire profonde, la population est en droit d’attendre des résultats concrets : des routes accessibles, des quartiers sécurisés et des familles capables de vivre sans la peur permanente des violences.

Tant que ces objectifs resteront hors de portée, le gouvernement devra répondre à une question essentielle : comment justifier le coût d’un dispositif sécuritaire dont les résultats, sur le terrain, demeurent contestés ?


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