Les recettes douanières, principales oxygène l’administration publique haïtienne
Written by BELTVHAITI on October 13, 2026

Sur les 345,51 milliards de gourdes de recettes prévues pour l’exercice fiscal 2025-2026, seulement 111 milliards ont été mobilisés durant le premier semestre, selon les données du rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), publié en octobre. Ce montant représente environ 32,13 % des prévisions budgétaires, révélant un écart considérable entre les ressources attendues et celles effectivement collectées. Les recettes douanières, qui s’élèvent à 49,49 milliards de gourdes sur les 111 milliards collectés et représentent à elles seules 44,59 % des ressources de cette catégorie.
Cette faible mobilisation des ressources intervient dans un contexte de contraction de l’activité économique. Au cours des six premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, l’économie haïtienne s’est repliée de 0,8 %. Les secteurs primaire et secondaire ont enregistré des baisses respectives de 3,7 % et de 2,1 %, tandis que le secteur tertiaire n’a progressé que de 0,1 %. La croissance des institutions financières, estimée à 3,1 %, et celle des services non marchands, à 4,3 %, n’ont pas suffi à inverser la tendance.
Le déficit de mobilisation des recettes constitue un défi majeur pour les finances publiques. Sur les 345,51 milliards de gourdes prévus, l’État n’a collecté que 111 milliards, laissant un écart de 234,51 milliards de gourdes par rapport aux prévisions. Cette contre-performance soulève des interrogations sur la capacité de l’administration à mobiliser les ressources nécessaires au financement des services publics et des investissements indispensables à la relance économique.
Les recettes douanières occupent une place importante dans les ressources mobilisées. Avec 49,49 milliards de gourdes collectés sur les 111 milliards attendus, elles affichent un taux de réalisation de 44,59 %. Cette situation met en évidence les limites de la mobilisation des recettes douanières, mais également la nécessité d’examiner les performances des autres sources de recettes domestiques afin de mieux comprendre les difficultés de financement de l’État.
Parallèlement, la structure des dépenses budgétaires soulève d’autres préoccupations. Les dépenses de personnel atteignent 52,67 milliards de gourdes et représentent 59,70 % des dépenses courantes. Les dépenses en biens et services s’élèvent à 28,40 milliards de gourdes, soit un taux d’exécution de 41,36 % par rapport aux prévisions de 68,67 milliards.
Les dépenses en capital demeurent, elles aussi, faibles. Sur les 131,95 milliards de gourdes prévus pour les investissements publics, seuls 32,71 milliards ont été exécutés, soit un taux de 24,79 %. Alors que l’activité économique se contracte, ce faible niveau d’investissement interroge sur la capacité de l’État à soutenir la production nationale, à développer les infrastructures et à créer des conditions favorables à la croissance.
L’écart entre les ressources prévues et celles effectivement mobilisées, combiné au faible niveau d’exécution des investissements publics, met en évidence les difficultés de la politique budgétaire à répondre aux besoins économiques du pays. Dans un contexte marqué par la précarité et la faiblesse de l’activité productive, l’État doit renforcer ses mécanismes de collecte, améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques et réorienter ses dépenses vers des investissements susceptibles de produire des effets durables.
Au-delà des objectifs de recettes, l’enjeu est de transformer les ressources effectivement mobilisées en résultats concrets pour la population. L’amélioration de la perception fiscale et douanière, l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement de la sécurité et le soutien à la production nationale constituent autant de leviers pour réduire les déséquilibres budgétaires et favoriser une relance économique durable en Haïti.