Entrée de l’année judiciaire : le Barreau de Port-au-Prince s’offre un nouveau toit et met fin à son errance
Written by BELTVHAITI on October 15, 2026

Réunis à l’hôtel Oasis ce lundi 12 octobre 2026, les membres du Barreau de Port-au-Prince ont lancé l’année judiciaire 2026-2027 après avoir fait le point sur l’exercice 2025-2026. La cérémonie, empreinte de sérénité, a rassemblé des personnalités publiques, des anciens avocats et la nouvelle promotion d’avocats stagiaires.
Devant l’assistance, le bâtonnier Me Patrick Pierre-Louis a annoncé que l’ordre avait acquis un immeuble, garantie que le Barreau ne sera plus déplacé de lieu en lieu. Il a présenté cet achat comme le fruit d’un effort collectif. Les confrères sans cabinet pourront s’y retrouver et y travailler, en attendant de réintégrer le Palais de justice de Port-au-Prince.
Le bâtonnier a aussi rappelé que la justice de paix est la juridiction la plus proche de la population. Il a déploré la lenteur judiciaire, dont l’ordre a lui-même pâti avec la disparition du bâtonnier Me Dorval. Qualifiant le bilan de l’année écoulée d’« accablant et incomplet », il a appelé avocats et stagiaires à la rigueur éthique et à la défense de l’honneur de la profession.
Représentant le ministre de la Justice, son directeur de cabinet, Me Jean Fallière Bazelairs, a estimé que la mobilisation de tous avait redonné de l’élan à la profession, en particulier dans le ressort de Port-au-Prince. Il a assuré que le ministère demeurait attentif aux attentes et aux revendications des avocats, et a souligné le rôle central du Barreau dans l’édification de l’État de droit en Haïti.
Le doyen du tribunal de Port-au-Prince, Me Bernard Saint-Vil, a pour sa part défini la justice comme le fait d’attribuer à chacun son dû, et comme le socle de toute société. Il a rappelé que, d’après le décret du 22 août 1995 portant organisation judiciaire, l’année judiciaire s’ouvre le premier lundi d’octobre et se clôt le dernier vendredi de juillet, les congés des tribunaux étant fixés par l’article 64. Il a enfin annoncé que le tribunal serait transféré à Puits-Blain.
En clôture, le doyen a insisté sur l’urgence de redresser le système judiciaire : sans justice équitable, a-t-il averti, aucun progrès durable n’est possible pour le pays, et c’est à tous les acteurs du secteur d’y travailler sans relâche.
Bob landers Souffrant