Le Grand Nord impose de nouveaux garde-fous à l’exercice du pouvoir
Written by BELTVHAITI on November 4, 2026

La question du contrôle du pouvoir exécutif s’invite au cœur des propositions de sortie de crise. Au Cap-Haïtien, plus d’une trentaine d’organisations politiques, paysannes et de la société civile ont adopté, le vendredi 30 octobre, une résolution préconisant la mise en place d’un exécutif bicéphale. Portée par le Kolektif Popilè Nò (KPN), cette initiative entend rompre avec les pratiques de gouvernance qui, selon ses initiateurs, ont contribué à l’échec des précédentes transitions politiques.
La formule proposée prévoit un exécutif composé d’un président et d’un Premier ministre, tous deux issus de la société civile. Les personnalités appelées à occuper ces fonctions devront présenter des garanties de probité, jouir d’une réputation irréprochable et ne posséder aucun lien avec les groupes criminels. À travers ces critères, les organisations signataires veulent faire de l’intégrité des futurs dirigeants une condition préalable à leur accession aux plus hautes responsabilités de l’État.
Mais la proposition du Grand Nord ne se limite pas au profil des futurs responsables. Elle prévoit également un encadrement politique et institutionnel de leur mandat. Un accord devra définir les conditions de désignation des autorités, la répartition de leurs compétences, leurs rapports fonctionnels ainsi que les mécanismes de contrôle, de transparence et de reddition de comptes. Une manière de prévenir les conflits de pouvoir et les dérives dans la gestion des affaires publiques.
Pour assurer le suivi de cette initiative, une commission a été constituée à l’issue des assises. Elle devra entreprendre des démarches auprès des autres secteurs concernés par la crise afin de promouvoir les propositions retenues et de rechercher un consensus au-delà des organisations participantes.
Cette prise de position intervient alors que les différentes formules de transition expérimentées ces dernières années peinent à produire des résultats tangibles. L’insécurité continue de fragiliser le pays, tandis que la faiblesse des institutions et les accusations récurrentes de corruption alimentent la défiance envers les autorités.
En plaçant la question des garde-fous institutionnels au centre de sa proposition, le Grand Nord entend donc dépasser le simple remplacement des dirigeants. Toutefois, la portée de cette initiative dépendra de sa capacité à fédérer les autres acteurs nationaux et, surtout, à transformer les principes avancés en engagements politiques contraignants.