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L’année judiciaire reprend, mais la justice reste confrontée à ses blocages

Written by on October 7, 2026

L’année judiciaire 2026-2027 s’est ouverte ce lundi 6 octobre avec une cérémonie solennelle à la Cour de cassation. Mais derrière le rituel institutionnel, le système judiciaire haïtien entame cette nouvelle année avec les mêmes contraintes qui ont marqué la précédente : insécurité, délocalisation des juridictions, difficultés d’accès aux tribunaux et accumulation des dossiers.

Présidée par le président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le juge Jean-Joseph Lebrun, la cérémonie devait consacrer la reprise officielle des activités judiciaires après la clôture de l’exercice précédent, conformément à l’article 75 du décret du 22 août 1995.

Dans son discours, le président du CSPJ a notamment mis l’accent sur la sécurité des magistrats et des auxiliaires de justice, directement affectée par la dégradation du climat sécuritaire. « Protéger ceux qui rendent la justice, c’est protéger la justice elle-même », a-t-il déclaré.

Mais pour les juridictions, la question dépasse désormais la seule sécurité des personnels. Plusieurs tribunaux ont été contraints de quitter leurs locaux ou de déplacer leurs activités en raison de la présence des groupes armés. Cette situation perturbe la tenue régulière des audiences et complique davantage le travail des magistrats et des greffiers.

La Cour de cassation elle-même n’échappe pas à ces contraintes. Son bâtiment, situé dans la capitale, reste difficilement accessible dans un contexte où les déplacements à Port-au-Prince demeurent fortement affectés par l’insécurité.

À cette situation s’ajoutent des problèmes plus anciens. La détention préventive prolongée, le manque de moyens et les lenteurs dans le traitement des dossiers continuent de peser sur l’administration de la justice. Pour de nombreux justiciables, l’ouverture d’une nouvelle année judiciaire ne signifie donc pas nécessairement un retour à un fonctionnement normal des tribunaux.

La cérémonie de ce 6 octobre marque ainsi la continuité institutionnelle de la justice. Reste désormais à savoir si cette continuité pourra se traduire par une reprise effective des activités judiciaires, dans un pays où l’accès aux tribunaux demeure l’un des premiers obstacles à l’exercice du droit à la justice.


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