Quand l’assistance ponctuelle remplace une véritable politique de développement durable.
Pipo avala sa dernière bouchée de riz. Il observa sa femme et ses enfants. Il en avait assez de consommer des céréales au quotidien, parfois sans aucun accompagnement — diri chèch. Pourtant, en tant que chômeur condamné à une existence de misère, il était réduit à ce régime.
Il fulminait contre ce complot permanent orchestré par les oligarques. Il décida alors de se joindre à la grogne populaire afin de faire entendre sa voix, lorsque la radio annonça en grande pompe un ensemble de mesures adoptées par le gouvernement : un programme d’apaisement social.
Comme son nom l’indique, le but est d’« apaiser », mais pas d’éradiquer.
Pour distribuer de petits boulots, pour faire applaudir l’incompétence et l’inacceptable, ou encore pour obtenir le soutien accordé aux crapules, aux corrompus et aux assassins, il faut créer la privation et maintenir Pipo dans l’assistanat, de génération en génération.
Les programmes d’« aaaaaapaisement social » ne poursuivent aucun objectif de développement durable, ni même véritablement utile. Ils remplacent les distributions méprisantes et humiliantes d’argent pratiquées au temps de la dictature, remises au goût du jour par les chefs de guerre dans les territoires abandonnés, ou institutionnalisées cyniquement par certaines ONG.
Le Jour Nouveau : une nécessité absolue.
Dédicace
À l’Orchestre Tropicana du Cap, à l’occasion de ses 63 ans d’existence.

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